COMMUNIQUE DU 9 JANVIER 2026Objet : Plus de deux ans après la pose des « barrières anti-requins » à la Baie des Citrons et à l’Anse Vata, un suivi environnemental fantôme…
À la suite d’une demande d’accès à l’information environnementale, l’association Ensemble Pour La Planète (EPLP) a reçu fin décembre 2025 les rapports du suivi environnemental de la Baie des Citrons et de l’Anse Vata, suivi prescrit suite à l’installation des « barrières anti-requins ».
L’analyse de ces pièces nous conduit à dénoncer avec la plus grande fermeté les carences graves, persistantes et inacceptables de ce suivi. En effet, les documents transmis par les autorités révèlent une réalité sidérante : le suivi environnemental pourtant condition essentielle de l’installation de ces dispositifs n’existe pratiquement pas !
À la Baie des Citrons, le « suivi » se limite au seul cas des coraux transplantés, et encore, il s’interrompt au 9 mai 2024. A la date d’aujourd’hui, ce sont donc près de vingt mois d’absence totale de données.
Mais pire encore, aucune information ne permet :
- d’apprécier l’état des herbiers et du récif sud, écosystèmes d’intérêt patrimonial pourtant directement exposés ;
- de connaître l’état écologique global du site et hors périmètre proche des barrières (évolution de la biodiversité, biomasse et diversité, et état des fonctionnalités écologiques) ;
- d’évaluer les niveaux de turbidité (lié au ripage des barrières), notamment par mauvais temps (important pour la préservation des écosystèmes cités ci-dessus qui pourraient grandement pâtir de la sédimentation de particules asphyxiantes) ;
- ni de mesurer les impacts liés à la fréquentation accrue, induite par un sentiment de sécurité...
Un tel vide de données est totalement incompatible avec un suivi environnemental sérieux sur un site littoral patrimonial mondialement reconnu comme exceptionnel.
À l’Anse Vata, les constats sont tout aussi alarmants.
D’abord, ce sont 80 % des coraux transplantés qui sont morts à T0 + 18 mois… Et depuis lors ? Silence total. On n’enregistre aucun suivi actualisé à fin 2025, aucune analyse critique de cet échec, aucune mesure corrective envisagée.
La conclusion est évidente : présenter la transplantation de coraux comme une mesure de compensation relève, au choix, de la fiction environnementale ou de l’escroquerie.
Il ressort en outre des documents transmis que, comme pour la Baie des Citrons, aucun suivi global de l’état des sites, de leur biodiversité et de leurs fonctionnalités écologiques n’a été mis en oeuvre…
Ces carences sont d’autant plus graves que les dispositifs anti-requins ont déjà fait l’objet de notre part de critiques circonstanciées lors de l’enquête publique ; que le commissaire enquêteur lui-même avait souligné leur bien-fondé et délivré un avis défavorable au vu des risques présentés par ces équipements dont l’acceptabilité reposait explicitement sur l’existence d’un suivi rigoureux, transparent et continu, aujourd’hui manifestement inexistant.
En conclusion, EPLP indique que le suivi environnemental postérieur à la pose des barrières anti-requins à la Baie des Citrons et à l’Anse Vata n’est pas simplement insuffisant, il est largement fictif.
EPLP exige donc que cessent les effets d’annonce et que soient enfin produits des données complètes, actualisées et scientifiquement robustes, couvrant l’ensemble des écosystèmes concernés à l’intérieur des barrières et à proximité à l’extérieur. À défaut, nous affirmons que ce dispositif de suivi ne relève pas de la prévention ni de la protection, mais d’une gestion aveugle, écologiquement irresponsable.
On ne suit pas un écosystème en fermant les yeux. Mais c’est évidemment politiquement plus pratique de ne pas voir les choses dérangeantes !
Pour EPLP,
Martine Cornaille
Vous aimez cette communication ? Partagez-la avec votre entourage !
COM 20260109 - Com carences suivi environnemental BDC et Anse Vata.pdf