COMMUNIQUE DU 23 JANVIER 2026Objet : 5G en Nouvelle-Calédonie, quand la télé publique devient un outil de propagande technologique
EPLP exprime sa colère et son écoeurement après la diffusion hier soir, sur NC 1ère télévision, d’un sujet présenté comme journalistique mais qui relève en réalité du publireportage à la gloire du déploiement de la 5G.
Sous le titre évocateur de bienfaits de « Que va apporter la 5G aux Calédoniens ? », les téléspectateurs ont eu droit à un discours promotionnel non contradictoire, révélant une vision technophile simpliste. Mais aucune information sérieuse sur les enjeux sanitaires, environnementaux, énergétiques, sociaux, ou démocratiques n’a été donnée.
Autrement dit, « on » nous a servi dans un journal télévisé du service public un message publicitaire.
Sur la 5G, la question n’est pas anodine car :
• c’est une technologie contestée scientifiquement (1);
• qui nécessite un choix énergétique lourd dans un territoire déjà fragilisé ;
• dont le déploiement a été mené sans enquête publique, sans étude d’impacts globale, sans débat citoyen.
C’est dans ce triste contexte qu’EPLP a dû se résoudre à saisir le Tribunal administratif (le 8 janvier 2026, ce qui interroge : est-ce en réaction que l’OPT a proposé le sujet à la station du Mont Coffyn ? Qui sait ?!).
Ce n’est malheureusement pas une première pour NC la 1ère... EPLP constate depuis plusieurs années la récurrence de la même mécanique :
• glorification des innovations technologiques imposées (2) ;
• silence sur les impacts sociaux, sanitaires et environnementaux
• absence de contradicteurs ;
• invisibilisation systématique des lanceurs d’alerte.
Prétendre « informer » sans mentionner la moindre controverse constitue une désinformation par omission, une violation manifeste du pluralisme de l’information et une abdication des missions fondamentales du service public.
À force de répéter ce schéma, l’information devient un instrument d’acceptabilité sociale, et non plus un outil d’éclairage citoyen.
Face à ce manquement de trop, EPLP :
• a mis en demeure la direction parisienne de l’information du groupe La 1ère (3);
• a saisi l’ARCOM pour atteinte aux obligations de pluralisme et d’impartialité.
Ce nouvel épisode intervient alors qu’EPLP a été amenée il y a peu à saisir l’autorité de régulation audiovisuelle pour des manquements comparables au pluralisme de l’information sur le territoire; cela concernait deux radios. Ce constat de répétition interroge sur le respect effectif des exigences déontologiques des organes de presse locaux...
Nous refusons en effet que les Calédoniens soient traités comme de simples consommateurs de technologies controversées, sans débat, sans garanties et sans choix démocratique.
Informer, ce n’est pas « vendre ». Les citoyens méritent mieux de la part de leur service public d’information.
Enfin, concluons en disant que si la société calédonienne va mal, les dysfonctionnements de nos organes de presse en sont à la fois un révélateur et une cause majeure. Il est grand temps de pousser à la réforme !
Pour EPLP,
Martine Cornaille
(1) La communauté scientifique est partagée sur plusieurs points clés des radiofréquences de nouvelle génération, notamment : les effets environnementaux et sanitaires à long terme d’une exposition prolongée aux ondes millimétriques, de la densification des antennes, de l’exposition cumulée (5G + 4G + Wi-Fi + objets connectés)…
Les agences sanitaires (OMS, Anses, ICNIRP) reconnaissent un manque de données robustes à long terme, et donc des incertitudes scientifiques persistantes, en particulier pour certaines populations (enfants, femmes enceintes). Le sujet de la 5G, en l’état des connaissances scientifiques, demeure donc marqué par des incertitudes et des controverses documentées, ce qui impose un traitement médiatique pluraliste et rigoureux.
(2) d’autres sujets de santé publique et de choix technologiques controversés ont par le passé fait l’objet de traitements insuffisamment contradictoires. Faut-il citer des exemples ?!
(3) nos multiples et lourdes alertes lancées à la direction locale et à la rédaction en chef et n’ont jamais abouti, inutile donc de réitérer nos démarches auprès d’elles…
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COM 20260123 - Com mise en demeure La 1ère 5G.pdf