COMMUNIQUE DU 15 MARS 2026OBJET: des laboratoires de haute sécurité biologique en cours d’installation à l’Université de Nouville, pourquoi tant d’opacité ?
EPLP a appris que l’Université de la Nouvelle-Calédonie et l’Institut Pasteur ont engagé la création de trois laboratoires de confinement biologique de niveau P2 et P3 sur le site de Nouville, dans le cadre d’un partenariat conclu il y a plusieurs années et visant semble-t-il à abriter des recherches sur la dengue et la leptospirose.
Précisons que les labos peuvent accueillir des agents biologiques classés en 4 groupes en fonction de l’importance du risque qu’ils présentent, du groupe 1 sans danger pour l’homme, au groupe 4 à risque élevé :
1° groupe 1 : agents biologiques non susceptibles de provoquer une maladie chez l’homme.
2° groupe 2 : agents biologiques pouvant provoquer une maladie chez l’homme et constituer un danger pour les travailleurs. Leur propagation dans la collectivité est peu probable et il existe généralement un traitement efficace.
3° groupe 3 : agents biologiques pouvant provoquer une maladie grave chez l’homme et constituer un danger sérieux pour les travailleurs. Leur propagation dans la collectivité est possible, mais il existe généralement un traitement efficace.
4° groupe 4 : agents biologiques qui provoquent des maladies graves chez l’homme et constituent un danger sérieux pour les travailleurs. Le risque de leur propagation dans la collectivité est élevé. Il n’existe généralement pas de traitement efficace (personne n’a oublié celui de WUHAN….).
Selon les informations dont nous disposons, ce projet aurait bénéficié d’un financement public local de l’ordre de 400 millions de francs CFP. La somme n’est pas anecdotique, a fortiori dans le contexte budgétaire calédonien. Les contribuables « de chez nous » sont en droit de savoir comment sont utilisés les fonds publics.
Pourtant, à ce jour, silence TOTAL ! Aucune information publique n’a été fournie tant sur la nature exacte des recherches envisagées, que sur les garanties de sécurité mises en place, ou les objectifs scientifiques poursuivis. Les demandes d’échange formulées par EPLP auprès des responsables du projet sont restées sans réponse.
Cette situation inquiète et soulève plusieurs questions.
D’abord, la compétence « recherche » relève toujours de l’État. Dans ces conditions, pourquoi la collectivité locale financerait-elle massivement un projet dont la gouvernance scientifique relève normalement des autorités nationales ?
Ensuite, la Nouvelle-Calédonie ne dispose ni d’un cadre réglementaire complet ni d’instances indépendantes clairement identifiées chargées de superviser les activités de recherche impliquant des agents biologiques sensibles. En l’absence de telles garanties, la création de laboratoires de confinement de niveau élevé devrait, a minima, s’accompagner d’une transparence totale.
Par ailleurs, alors que la dengue a fortement reculé ces dernières années en Nouvelle-Calédonie grâce au programme Wolbachia, il est légitime de s’interroger sur l’objectif réel de l’installation en Nouvelle-Calédonie de laboratoires de haute sécurité biologique visant à l’étudier.
Quels programmes de recherche sont réellement envisagés ?
Avec quels bénéfices potentiels pour les Calédoniens ?
Une question nous taraude : des organismes génétiquement modifiés (ex. moustiques type Gates) seront-ils utilisés dans ces laboratoires ?
EPLP rappelle que la confiance du public dans la recherche scientifique repose sur la transparence et le contrôle démocratique. Or, depuis près de dix ans, notre association demande en vain à participer aux instances de gouvernance de la recherche publique locale.
Dans un territoire insulaire caractérisé par une biodiversité exceptionnelle et des équilibres écologiques fragiles, la création d’installations de recherche sensibles ne peut se faire en catimini et sans débat public. C’est pourtant ce à quoi l’on assiste…
EPLP demande donc :
• la publication de la convention de partenariat conclue entre les institutions concernées et de nombreux autres documents (étude de dangers, autorisations…
;• la présentation publique du projet scientifique et de son financement ;
• la clarification du cadre réglementaire applicable aux activités de recherche à risque biologique en Nouvelle-Calédonie ;
• la garantie qu’aucune activité impliquant des organismes génétiquement modifiés ou des agents biologiques sensibles ne sera menée sans contrôle indépendant et information préalable de la population.
La science mérite la confiance mais pas l’aveuglement.
Pour EPLP,
Martine Cornaille
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