COMMUNIQUE DU 10 AVRIL 2026Objet : Abattoirs de Nouvelle-Calédonie, un système de contrôle défaillant qui interroge à nouveau gravement les pratiques de la DAVAR…
En très bref…
Après les élevages, EPLP s’est penchée sur les abattoirs de Nouvelle-Calédonie. Les inspections font apparaître des non-conformités graves et répétées, sans réactions visibles des autorités. Les contrôles apparaissent largement formels, les Plans de Maîtrise Sanitaire n’étant pas effectivement vérifiés. Plus inquiétant encore, des rapports semblent tronqués, certaines non-conformités ayant disparu et des documents étant caviardés sans justification. Cette opacité alimente un doute structurel sur la réalité des contrôles. Le bien-être animal, y compris au moment de l’abattage, constitue un angle mort majeur. L’ensemble révèle un système de contrôle défaillant, posant la question de la responsabilité de la DAVAR dans sa mission de protection des consommateurs et des animaux.
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Après le fiasco des inspections dans les élevages, EPLP s’est penchée sur le contrôle des abattoirs de Nouvelle-Calédonie. Mal nous en a pris…
En effet, l’analyse des rapports d’inspection de la DAVAR (1) met en évidence une situation préoccupante qui appelle des réponses claires de la part des autorités.
Des non-conformités graves et répétées
Les documents analysés font apparaître, dans plusieurs établissements, des non-conformités graves et répétées. Par ailleurs, certaines structures font l’objet d’évaluations qualifiées d’« insuffisantes » par les inspecteurs, parfois à plusieurs reprises, sans que des mesures correctives proportionnées ne soient clairement imposées.
Parmi les constats relevés :
• absence ou non-vérification des autocontrôles bactériologiques,
• défaillances en matière d’hygiène (personnel, matériel, organisation),
• défauts structurels (écoulements souillés, nuisibles, ventilation),
• lacunes dans le respect de la chaîne du froid, y compris lors du transport…
Ces éléments concernent directement la sécurité sanitaire des consommateurs.
Des contrôles insuffisamment effectifs
Au-delà des constats d’insuffisance, les modalités de contrôle interrogent.
Les documents font apparaître une absence de vérification effective de certains éléments essentiels, notamment les Plans de Maîtrise Sanitaire (PMS) (2), qui constituent pourtant le socle de la sécurité sanitaire.
Des contrôles clés (températures, enregistrements, autocontrôles) ne sont pas systématiquement tracés, ce qui interroge la réalité et l’exhaustivité des inspections réalisées.
Des rapports tronqués Plusieurs éléments relevés soulèvent des interrogations sérieuses :
• certaines non-conformités semblent avoir disparu des rapports,
• des documents sont outrageusement caviardés sans justification explicite,
• des évaluations défavorables ne comportent pas toujours les constats associés…
Ces éléments alimentent un doute sur la fidélité de la restitution des contrôles.
Le bien-être animal, angle mort des contrôles
Les rapports analysés ne comportent aucune mention relative au bien-être animal, y compris au moment de l’abattage.
Cette absence concerne une phase pourtant critique, celle de la mise à mort, et interroge l’étendue réelle des vérifications effectuées. Nous n’en resterons pas là sur ce point.
Une situation préoccupante qui appelle des réponses
L’ensemble de ces éléments ne relève pas de dysfonctionnements isolés, mais d’interrogations plus larges sur les pratiques de contrôle du service.
EPLP appelle à des garanties effectives sur les contrôles sanitaires et le respect des animaux dans les abattoirs.
EPLP demande la communication intégrale et non caviardée des rapports d’inspection et à la mise en place d’un audit indépendant des pratiques de contrôle.
Conclusion
Ce dossier révèle un problème systémique. La sécurité sanitaire et le respect des animaux constituent des exigences fondamentales.
Lorsque les contrôles apparaissent incomplets, que leur fréquence n’est pas établie et que les documents sont partiellement occultés, la confiance du public est nécessairement affectée.
Pour EPLP,
Martine Cornaille
(1) Direction des Affaires Vétérinaires Alimentaires et Rurales, 120 agents
(2) Un PMS = Plan de Maîtrise Sanitaire constitue le socle même de la sécurité sanitaire. Il regroupe plusieurs éléments clés :
Hygiène et procédures
• nettoyage / désinfection
• gestion des nuisibles
• hygiène du personnel
Maîtrise des risques
• contrôle des températures
• chaîne du froid
• prévention des contaminations
Autocontrôles
• analyses bactériologiques
• prélèvements
• suivi des résultats
Traçabilité
• origine des animaux
• lots
• suivi des produits
Gestion des incidents
• produits non conformes
• rappels / retraits
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