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Formatage des esprits, no limit avec l’IA !

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Formatage des esprits, no limit avec l’IA ! COMMUNIQUE DU 17 MAI 2026

Objet : formatage des esprits, no limit avec l’IA !

Nous avons vu passer plusieurs questionnements d'enseignants sur le sujet de l’utilisation de l’Intelligence Artificielle (IA) à l’école et à l’université : quelles limites ? Comment évaluer des travaux d’élèves produits avec IA ?

Mais après avoir « testé » nous-mêmes plusieurs IA, et en nous cantonnant à l’éducation, c’est une autre question qui nous taraude.

En effet, les réponses que nous avons obtenues nous sont apparues d’un conformisme poussé à l’extrême. Et si nous avons parfois pu leur « arracher » quelques bémols voire de vraies remises en cause, c’est parce que nous sommes un public averti qui ne s’en laisse pas conter.

Alors nous nous inquiétons de ce que nos jeunes, sans recul, sans expérience et aux connaissances limitées, ne subissent de véritables formatages intellectuels sur des sujets qui touchent au coeur de nos vies :
• la santé ;
• l’environnement ;
• les libertés publiques ;
• les choix technologiques et sociétaux.

Derrière l’apparente neutralité de ces outils se cache une mécanique bien peu innocente :
• sélection et hiérarchisation des sources ;
• invisibilisation de certaines critiques et discrédit implicite des positions minoritaires.

Et sous une apparente modération se cache en fait une logique de « normalisation » des opinions parfaitement identifiable.

Au final, l’IA, c’est la reproduction automatique des narratifs dominants.

Plus inquiétant encore : ces outils répondent avec une assurance et une fluidité telles que beaucoup d’utilisateurs, notamment les plus jeunes, confondront facilement aisance rédactionnelle et vérité.

Or, un discours bien formulé n’est pas nécessairement un discours juste.

Nous l’avons expérimenté avec des « inventions » de jurisprudences par exemple.

Plus grave encore : l’IA produit des réponses immédiates à presque toutes les questions, habituant progressivement les utilisateurs à l’idée qu’il existerait toujours une réponse simple immédiatement disponible.

Or, la pensée commence précisément là où apparaissent le doute, la contradiction et la reconnaissance des limites du savoir.

L’IA ne pense pas. Elle agrège, sélectionne, reformule et reproduit des contenus produits dans un environnement structuré par :
• des rapports de pouvoir ;
• des intérêts économiques ;
• des biais culturels ;
• et des choix idéologiques.

Dans un environnement dominé par de puissants intérêts économiques et industriels ayant tout intérêt à la stabilité des récits dominants, l’IA tait les positions critiques, dissidentes ou minoritaires, même lorsque celles-ci soulèvent des questions légitimes.

L’IA doit donc être regardée pour ce qu’elle est : non un oracle neutre et omniscient, mais un outil statistique produisant des réponses sous influence.

Le danger est intellectuel. Car plus ces outils produisent des raisonnements « prêts à l’emploi », plus ils encouragent la paresse cognitive.

À force de déléguer la « réflexion » à des machines entraînées à produire des réponses socialement acceptables, le risque est immense de fabriquer des générations capables de reformuler parfaitement des idées qu’elles n’ont jamais réellement examinées.

À terme, le danger c’est la pensée unique.

Former des esprits critiques demande du temps, du doute, de la contradiction et du travail. Produire du texte instantané demande seulement une requête sur clavier.

Pour EPLP,
Martine Cornaille

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