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Attaque de requins à Kélé, compassion et responsabilité

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Attaque de requins à Kélé, compassion et responsabilité COMMUNIQUE DU 4 JANVIER 2026

Objet : Attaque de requins à Kélé, compassion et responsabilité

L’association Ensemble Pour La Planète (EPLP) exprime avant toute chose son soutien à la victime de morsures de requin du 3 janvier 2026 à Kélé-Bourail, ainsi qu’à ses proches. Rien ne saurait minimiser la gravité humaine de ces drames.

Nous saluons également la réactivité et le professionnalisme des sauveteurs dont les interventions ont permis une prise en charge efficace.

Mais cette compassion ne peut plus servir d’alibi à l’obstination irresponsable de la Province Sud, qui persiste dans son communiqué du 3 janvier 2026 à défendre une vision archaïque et inefficace de la « gestion de crise requins », fondée sur les abattages aveugles.

La province Sud continue de défendre une approche :
- discréditée scientifiquement et juridiquement,
- inefficace sur le plan de la sécurité,
- et gravement préjudiciable aux écosystèmes marins.

Après avoir été condamnée (excusez du peu !) en référé, au fond, en appel et en Cassation, comment la province Sud peut-elle ENCORE laisser entendre que les abattages dits « de régulation » constituent un levier indispensable et efficace de gestion du risque requin ? Hallucinant aveuglement…

Contrairement à ce qu’indique la Province Sud, l’opposition aux campagnes d’abattage n’est ni idéologique ni isolée.

Elle est partagée par la grande majorité de la communauté scientifique internationale spécialisée sur les requins et les interactions homme-faune, ainsi que par TOUTES les juridictions administratives, qui ont annulé ces dispositifs au regard de leur illégalité et de leur absence d’efficacité démontrée, et, en Nouvelle-Calédonie par EPLP, dans l’exercice (solitaire !) de son rôle statutaire de défense de l’intérêt général et du droit de l’environnement.

Faire porter la responsabilité des accidents sur les recours juridictionnels de notre association revient à refuser de regarder en face une réalité : les opérations engagées par la province Sud et la mairie de Nouméa n’étaient ni légales, ni scientifiquement fondées, ni protectrices.

Rappelons que si le risque zéro n’existe pas, il y a cependant des solutions modernes, ciblées et non létales, reposant sur la prévention, l’information, la gestion des conditions de baignade et la surveillance des plages, des dispositifs de protection physique ou comportementale évalués scientifiquement, sans oublier une meilleure connaissance de la biologie des requins.

Persister à réclamer le « retour de la régulation » revient à refuser toute évolution, au mépris des faits, du droit et de la responsabilité environnementale.

EPLP appelle solennellement la province Sud à cesser sa lamentable instrumentalisation de drames humains pour justifier de politiques inefficaces et dangereuses. Nous l’encourageons vivement à abandonner définitivement la « doctrine » des abattages aveugles et à engager enfin pleinement une politique fondée sur la science, le droit et l’intérêt général, dans un esprit de responsabilité.

La sécurité des personnes mérite mieux qu’une rhétorique de crise. Elle exige tout à la fois de la lucidité, du courage politique et le respect du Vivant.

Pour EPLP,
Martine Cornaille

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COM 20260104 - Com morsures requins Kélé Bourail 3 janvier 2026.pdf