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Centrale accostée de la SLN, hécatombe sous la surface…

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Centrale accostée de la SLN, hécatombe sous la surface… COMMUNIQUE DU 19 JUIN 2026

Objet : centrale accostée de la SLN, hécatombe sous la surface…

Chaque année, la centrale thermique accostée de Doniambo pompe dans le lagon environ 122 milliards de litres d'eau de mer pour assurer son refroidissement.

122 milliards de litres…

Pourtant, à notre connaissance, aucune étude n'a jamais cherché à quantifier les conséquences de ces prélèvements massifs sur la biodiversité marine aspirée dans les circuits de refroidissement.

Combien de poissons ?

Combien de crustacés ?

Combien de mollusques ?

Combien de juvéniles, d'oeufs et de larves de toutes espèces dont protégées ?

Personne ne le sait.

Pire encore : personne ne semble même s'être posé la question, ni l’industriel, ni ses bureaux d’étude (aux ordres ?), ni les services provinciaux de tutelle (3DT et DIMENC).

Or les travaux scientifiques menés à l'étranger montrent que les principales victimes de ces opérations sont les organismes essentiels au renouvellement des populations marines: oeufs, larves et juvéniles.

Autrement dit, l'absence de cadavres sur les « grilles » ne signifie nullement absence d'impact.

Dans une province où les autorités prétendent surveiller la biodiversité avec une « extrême » vigilance, cette absence totale de données sur l'impact de prélèvements industriels de 122 milliards de litres d'eau de mer par an interroge.

Après des années de fonctionnement, aucun bilan public n’est disponible. Et pour cause : la centrale est, de fait, exemptée de l'obligation de suivre les captures d'animaux par les systèmes de prélèvement d'eau, empêchant l'établissement d'un bilan des espèces, protégées et non protégées, affectées.

Quant à la séquence ERC (mesures d'évitement, de réduction et de compensation), on n’en parle pas non plus (1)…

Existe-t-il des dispositifs destinés à limiter ces captures ?

Existe-t-il un suivi de la mortalité des organismes aspirés et notamment des oeufs, des larves et des juvéniles ?

Existe-t-il une évaluation des pertes de biomasse induites ? (2)

Le public est en droit de connaître les réponses à ces interrogations.

À défaut, une conclusion s'impose : en Nouvelle-Calédonie, certaines questions environnementales sont soigneusement évitées lorsqu'elles concernent de grands acteurs industriels.

EPLP demande donc la réalisation immédiate d'une étude indépendante destinée à évaluer les impacts sur la biodiversité marine des prises d'eau de la centrale thermique accostée de Doniambo et sa publication.

Car avant d'affirmer qu'il n'y a pas de problème, encore faut-il avoir pris la peine de le poser.

Pour EPLP, Martine Cornaille

(1) des solutions de réduction existent : « piégeages » à la source, adaptation du design des prises d'eau, réduction de la puissance d'aspiration et dispositifs de dissuasion acoustique…

(2) pour 1 Tonne d’oeufs, larves et juvéniles, on évalue la perte de biomasse adulte à 15 Tonnes (et la perte s’étend à toutes les générations suivantes…;)